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Les Tziganes ne tomberont plus du ciel

Ne va jamais à Lyon, c’est un public terrible. Avant son arrivée à Lyon, Alexandre Romanès reçut de la part de quelques personnes ce type d’avertissements. Mais lui et tous les artistes du Cirque Romanes ont bravé, et c’est tant mieux, ces mises en garde.

Après des tournées en Chine, en Russie ou en Belgique, le Cirque Romanes a donc trouvé refuge durant un mois sur la colline de Fourvière. Et ces quelques semaines ont suffi à Alexandre Romanès pour qualifier sans hésitation le public lyonnais de « formidable ».

Mais déjà est venu le temps d’envisager dans moins de quarante huit heures le démontage du chapiteau dès la fin de la dernière représentation, samedi à 11 heures. Cette grande tente, caverne de tous les bonheurs circassiens, n’avait plus rien d’une curiosité. Elle se fondait déjà naturellement dans le paysage de l’esplanade. Et d’elle émanait au quotidien la bonne odeur du cirque le plus poétique qui soit et des délicieux beignets faits maison. Lorsque les spectateurs allaient aux concerts des Nuits, ils devinaient en passant près du chapiteau cette ambiance familiale unique : de la musique, des applaudissements, des cris festifs.

A défaut de s’installer près du chapiteau, toute la famille Romanès a mis à l’arrêt caravanes, voitures et camions quelques mètres plus haut, dans le Parc des Hauteurs. Nichés derrière la belle bâtisse délaissée par les Archives, ils ont pu recréer ici à trente cinq leur village, vital dans leurs vies quotidiennes. Certes, ils n’ont pu à cause de la végétation environnante se réunir comme habituellement autour d’un feu, dîner et chanter. Mais ils n’étaient pas comme à Chalon-sur-Saône logés tous séparément dans un hôtel. Une expérience vécue difficilement pour les Romanès, habitués au vivre ensemble.

Avant les représentations de fin de journée règne dans le campement le calme. Du temps que les uns et les autres commencent à enfiler leurs vêtements de scène, Alexandre Romanès laisse libre court à sa prose. Il a entamé depuis peu la rédaction de son cinquième recueil de poèmes. D’ailleurs, il gardera comme souvenir de son passage à Lyon cette rencontre avec une religieuse, source d’inspiration et avec laquelle il a échangé quelques poèmes.
Nous, nous garderons en souvenir les bienfaits d’un cirque où les Tziganes tombent avec grâce du ciel et sachant aussi bien séduire les publics du cirque nouveau et traditionnel.

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Eclectique Nuit Rock

Nous aurions rêvé de la voir programmée ici, sur la scène des Nuits. Une fois cette mission réussie, nous aurions allumé à la basilique un cierge pour conjurer la malédiction des annulations in extremis de ses concerts. Quel périple haletant cela aurait ensuite été d’assister à un simple concert de cette dernière grande héroïne de la soul musique.

Samedi soir, nous avons accueilli quelque-uns des talents de la nouvelle génération rock. Nouvelle génération qui a rendu à sa manière hommage à AMY WINEHOUSE : quelques mots de la part de KING CHARLES ou une reprise a capella de Black to Black par Olivia Merilahti de THE DO (ensuite tout simplement détonnante dans lors d’une énergique version electro pop de Dust if off).

Et puis au-delà de cet hommage, ils sont venus chacun avec leurs personnalités et leurs talents, tout comme le public. Quel intriguant air de magazine de mode revêtaient hier soir les funiculaires menant les spectateurs au Grand Théâtre. Chapeaux, bijoux, chemisette en jean, chaussures bateau, shorts ultra shorts, lunettes de soleil…. Toute la panoplie des rockeurs modeux s’exposait fièrement en version pop technicolor. 

Mais l’indétrônable style de la soirée revient sans conteste à KING CHARLES, jeune talent à mi-chemin entre les attitudes d’Iggy Pop et Prince. Avec son blouson fièrement ouvert dévoilant son toraillant et un pantalon aussi moulant qu’un bas de pyjama XXS, il a certes éveillé les regards. Mais aussi et surtout les ouïes avec ses mélodies où s’étrennent ensemble pop joyeuse et basses vraiment rudes.

Le plus insolite sera cet instant où le Grand Théâtre s’est mué durant le dernier changement de plateau en un improbable dancefloor : qui aurait un jour imaginé tout le public se lever pour danser sur les hymnes des 90′s de Gala, diffusés par surprise par la technique ? L’autre moment inattendu de la soirée fut cette bataille géante. Après le set survitaminé des TWO DOOR CINEMA CLUB, fleuri de toute une flopée de tubes en puissances, quelques dizaines de spectateurs se sont adonnés durant une dizaine de minutes entre fosse et gradins à une vive bataille de coussins. Ceux-ci étant gorgés d’eau par une heure d’averses, il pleuvait alors artificiellement des centaines de gouttelettes dans cette pluie de coussins. Certains sont dignement morts au combat, il ne nous en reste plus que 3 000 jusqu’à samedi…

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amy winehouse, coussins, king charles, the do, two door cinema club
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A quoi ressemble la fin ?

Cela commence entre autre avec deux mails reçus dans votre boîte électronique, l’un annonçant l’arrivée à grand pas du dernier Village 2011, l’autre conviant toute l’équipe des Nuits à se retrouver après l’ECLAT FINAL.
La fin, ça ressemble aussi à ces bilans qui commencent à s’établir ça et là : décompte des budgets et dépenses associées, revues de presse, analyse des statistiques du site internet, affinement des points billetterie…
La fin se détecte aussi à un perfide signe : de superbes poches cernées sous les yeux fatigués de ceux qui bossent d’arrache pied depuis des semaines, voire des mois.
Avec la fin, on voit plus rarement l’imprimeur débarquer au bureau avec des cartons de programmes et moins encore les agents de diffusion charger leurs sacs de flyers à distribuer.
Avec la fin, de moins en moins de demandes incongrues d’invitations osent résonner dans les téléphones et de plus en plus de parapluies s’entassent parmi les objets trouvés. Sur le chemin de la fin, la routine reste la même : les fans de STING attendent le concert du soir depuis quelques heures et quelques dames du bureau se perdent dans quelques rêveries à l’observer pour ne pas dire l’admirer…
La fin arrive à grand pas, dans huit jours à peine !
Encore huit jours pour adresser un « bonjour » à tout le personnel avec qui on n’a pas encore eu l’occasion de discuter un mot en deux mois ;
huit jours encore à disserter en déjeunant de la météo du jour ou du concert de la veille ;
huit jours pour se remplir la mémoire de jolis souvenirs.
Et peut-être détrôner le spectacle qui m’a personnellement le plus passionné cette année « we were horses ».
Et vous d’ailleurs, que retiendrez-vous de cette édition 2011 ?
Bonne fin de festival à tous !

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